Les parties prenantes en action !
Le développement de l’intégration de la région de l’Afrique de l’ouest et du Centre au sud du Sahara, reste un atout majeur pour l’ensemble des populations et les chargeurs de ces pays en développement qui la composent en général et ceux membres de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) en particulier.
Les diverses questions relatives à la libre circulation des biens, des services et des personnes sur le continent africain constituent en réalité un défi capital à relever dans l’intégration de la politique économique de toute l’Afrique. Mais force est de constater que cette libre circulation n’est pas encore une réalité remarquable partout sur le continent.
Elle est totalement ou partiellement entravée par des pratiques peu orthodoxes diverses et variées constatées de part et d’autre suivant le niveau des mesures prises et adoptées dans chaque Etat de la région afin qu’un temps soit peu qu’on y remédie. A Tout cela, s’ajoute l’insécurité grandissante souvent perpétrée et règne encore en maitre sur certains grands axes routiers de la région.
En exemple, il est encore d’actualité et constaté dans la quasi-totalité des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sur les corridors, l’érection des barrières physiques, des postes de contrôles anarchiques, des retards dans le transport, et dans l’acheminement des marchandises vers les points de destination, des prélèvements illicites, le grand banditisme, des rackets parfois systématiques, le retard dans le transport des marchandises entre les différents pays, malgré le rôle prépondérant que jouent Le secteur des transports en général et celui de transport routier en particulier dans la vie économique et sociale des populations. Ces rôles sont des déterminants forts dans cette intégration. Ils permettent aisément le rapprochement des marchés des zones de productions vers les zones de consommations en Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans cette région, le transport routier supporte l’essentiel des flux à environ 80% des échanges extérieurs en transit à partir des ports et plus de 90% des échanges intra régionaux.
Dans ces cas, tout obstacle à la fluidité du trafic constitue ainsi un handicap pour la compétitivité des corridors, la compétitivité des produits sur le marché international(surcoûts, prolongement de délai) d’où la nécessité de prendre certaines mesures pour la simplification et l’amélioration des conditions de transport et de transit routier de marchandises sur les différents corridors. Tout cela, dans l’intérêt indéniable des chargeurs, de tous les intervenants de la chaine logistique et au grand bonheur des populations en général, représentant les grands consommateurs finaux des produits qui, finalement payent de lourds tributs.
Actions fortes engagées et remarquables des parties prenantes
Les rôles importants des Etats de l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans les règlementations et la mise en place des infrastructures de transports ne sont plus à démontrer avec les constructions et l’aménagement des voies modernes de dessertes et de désenclavements de certaines zones à travers la région ces dernières années.
Les communautés économiques régionales (CERs) sont des entités d’intégration régionale dans les activités de transports et de logistiques avec leurs appuis techniques et financiers dans les réalisations de certains gros œuvres dans la région de l’Afrique.
En Afrique de l’Ouest ce sont : la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Economique Ouest Africaine (UEMOA).
Ces deux Communautés ont adopté depuis 2003 et 2005 respectivement le Programme Régional de Facilitation de transport et du transit routier (PRTTR).
En Afrique Centrale, il y a la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale qui (CEEAC) s’inscrivent dans ces mêmes les rôles de la facilitation des transports et les échanges commerciaux dans cette sous Région de l’Afrique Centrale.
Les Conseils des Chargeurs membres de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains (UCCA) à travers la mise en place des Observatoires Nationaux de Transports (ONT), les Observatoires des Pratiques Anormales (OPA) avec l’appui technique et financier de l’USAID , les Comités FAL, les Comités Nationaux de Facilitations des Echanges (CONAFE) contribuent sans cesse aux actions de facilitations et de dynamisme économique des arrières pays des ports.
Ces différentes actions fortes et remarquables engagées aboutissent déjà dans certains pays de la région à :
Défis majeurs encore à relever
Malgré toutes ces actions et la mise en place des instruments notamment les textes relatifs à la facilitation du transport et du transit adoptés au niveau communautaire et les actions remarquables très significatives des parties prenantes , les avancées considérables remarquées ces dernières années en Afrique de l’Ouest et du Centre en matière d’infrastructures routières et connexes, beaucoup de défis restent encore à relever. Car les difficultés persistent toujours quant à la simplification et l’harmonisation des procédures et règlements régissant les opérations de transit la mise en application des conventions, l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers des pays de la CEDEAO, la suppression des contrôles anarchiques sur les corridors, la question de la levée d’une caution unique avec la mise en place d’un fonds de garantie au niveau régional pour les opérations de transit routier de marchandises, l’opérationnalisation effective des postes de contrôles juxtaposés aux frontières et la mise en place de systèmes de suivi par GPRS des marchandises sur les principaux corridors, la dépolitisation du secteur routier de marchandises.
Car, le transport routier a tendance à être politisé surtout dans les pays qui en dépendent largement pour leur sécurité alimentaire et leur commerce.
En Afrique de l’Ouest et du Centre, la fragilité, la sécurité, l’instabilité politique et les déséquilibres économiques et commerciaux structurels affectent la dynamique des réformes bien que courageuses du secteur malgré les avancées notables, considérables remarquées et enregistrées dans la région en matière de la mise en place d’infrastructures routières et les règles de la bonne gouvernance routière qui ont commencé d’ailleurs par porter leurs fruits dans certains pays de la région malgré l’effroyable crise sanitaire de corona virus (COVID 19) intervenue au cours de l’année 2019 pour freiner les économies des Etats et fragiliser le tissu social. Mais progressivement des efforts significatifs se font déjà dans la recherche des solutions à cette pandémie et la relance des Economies.
Dans ce contexte, il s’agira de réaliser constamment des rapports analytiques spécifiques à la facilitation de transport sur les corridors en Afrique de l’Ouest et du Centre, au maintien d’une veille permanente et aux plaidoyers auprès des Etats centraux. Ces rapports devront mettre en relief les contraintes et les défis encore à relever en matière de facilitation de transport et de commerce dans la Zone CEDEAO, CEMAC. Ces rapports devront être assortis des recommandations, des plans d’actions opérationnelles et des propositions de mécanismes d’appropriation par les décideurs pour la prise de conscience effective de tous et pour un mieux être durable. Toutes ces actions contribueront à coup sûr à une bonne gouvernance routière, gage d’un développement durable et d’une économie prospère.
GOHUGO O. Bruno Epiphane / Directeur Technique UCCA